Au Québec, certains matériaux de base ont vu leur prix tripler depuis 2020, sans que la qualité ou la disponibilité ne s’améliore. Les droits de mutation municipaux, souvent sous-estimés, s’ajoutent désormais aux dépenses incontournables pour les projets résidentiels neufs. Les marges bénéficiaires des entrepreneurs, longtemps stables, connaissent une hausse discrète mais continue.Dans ce contexte, la ventilation des coûts révèle que certaines étapes, traditionnellement jugées secondaires, s’arrogent désormais une part disproportionnée du budget total. Ce déplacement des postes de dépenses pousse les futurs propriétaires à revoir leurs priorités lors de la planification de leur projet.
Pourquoi les coûts de construction flambent à Québec en 2025
Le prix construction à Québec en 2025 atteint des sommets inédits. Plusieurs facteurs s’entrelacent et tirent les tarifs vers le haut. D’abord, la tension sur les matériaux construction ne faiblit pas : bois, acier, béton, tout se négocie à prix fort. Les chaînes d’approvisionnement restent imprévisibles, des retards s’accumulent, des ruptures surviennent là où personne ne les attendait. Résultat, chaque projet subit des hausses soudaines, parfois dès les premières étapes du devis.
Les chiffres sont sans équivoque. L’APCHQ constate une envolée du prix construction maison : une hausse de 15 % en un an. Le marché reste très dynamique, alimenté par la rareté des logements. Québec attire investisseurs et familles, dopant la demande. Dans ce contexte, les constructeurs doivent composer avec le manque de matériaux et la réévaluation des salaires.
Pour comprendre concrètement d’où vient cette inflation, il faut regarder de près les leviers qui font grimper la note :
- Le coût du bois d’œuvre a littéralement doublé depuis 2021.
- La quête de main-d’œuvre qualifiée devient un casse-tête, et les salaires suivent cette course.
- La TVA et les frais annexes pèsent de plus en plus lourd sur la facture finale.
Construire une maison aujourd’hui n’a plus rien d’une opération linéaire. Les professionnels ajustent leurs prix à chaque nouvelle estimation. À cela s’ajoutent les normes énergétiques récentes, qui imposent des matériaux plus performants, mais surtout bien plus chers. Peu à peu, les coûts construction deviennent le reflet d’un secteur en pleine transformation, où prévoir et réagir vite font toute la différence.
Quels postes pèsent le plus lourd dans le budget d’une maison neuve
Le gros œuvre domine toujours la répartition du budget construction. Dalle, fondations, murs porteurs, toiture : ces éléments structuraux représentent souvent près de la moitié du montant global, selon la plupart des constructeurs à Québec. Le type d’habitation, qu’il s’agisse d’une maison contemporaine, traditionnelle ou à ossature bois, influence directement la facture finale. Si vous optez pour une maison d’architecte ou une maison haut de gamme, le prix maison au mètre carré grimpe vite, loin devant celui d’une maison standard.
Juste derrière, le terrain entre en jeu. Sa localisation, sa taille, l’état du sol ou encore la facilité de raccordement font varier le budget parfois du simple au double. À Québec, certains quartiers voient le prix au mètre s’envoler, poussant de nombreux acheteurs à revoir leurs attentes ou à explorer de nouveaux secteurs.
Il faut aussi compter sur des frais périphériques qui ne sont pas négligeables : raccordements aux réseaux, taxes, procédures administratives, aménagement du terrain. L’agencement intérieur reste à la carte : une cuisine haut de gamme, des salles de bains personnalisées ou des finitions sur-mesure peuvent bouleverser le devis, en particulier pour une maison passive ou une maison contemporaine.
Pour se faire une idée concrète de la répartition, on peut s’appuyer sur ce tableau :
| Poste | Part estimée dans le coût total |
|---|---|
| Gros œuvre | 45-50 % |
| Terrain | 20-30 % |
| Second œuvre et finitions | 20-25 % |
À Québec, les maisons individuelles affichent des écarts marqués en fonction du type de constructeur ou de la complexité du projet. Maison contemporaine, traditionnelle, sur mesure ou clé en main : à chaque choix, le budget repart de zéro, parfois dans des proportions inattendues.
Comment anticiper et mieux maîtriser les dépenses imprévues lors de votre projet
Gérer les fluctuations du budget lors d’une construction oblige à la méthode et à la vigilance. Quelques stratégies d’optimisation peuvent faire la différence dès la phase de conception. Passez votre cahier des charges au peigne fin, discutez chaque poste du devis avec le constructeur et exigez une transparence totale sur la qualité des matériaux et les choix techniques. Porter attention à ces détails réduit considérablement les dérapages financiers.
Choisissez un constructeur reconnu qui saura anticiper les embûches techniques, évaluer précisément les raccordements, les assurances et les risques de dépassement, surtout si le terrain réserve des surprises. Demandez un chiffrage détaillé pour chaque poste, y compris les frais de notaire, pour éviter toute mauvaise surprise lors de la remise des clés.
Voici trois axes à privilégier pour garder la maîtrise de votre budget :
- Intégrez dès le départ une marge de sécurité de 5 à 10 % sur l’ensemble des dépenses.
- Évaluez sérieusement l’intérêt d’une maison écologique ou bioclimatique : si l’investissement de départ est plus élevé, les économies d’énergie et la valeur de revente peuvent bouleverser le calcul.
- Renseignez-vous sur les aides financières disponibles pour la construction neuve ou la rénovation énergétique.
Pour les postes techniques comme la cuisine, la salle de bains ou les aménagements, multipliez les devis et prenez le temps d’affiner vos choix. Une coordination soignée des équipes, des matériaux sélectionnés avec discernement et une planification précise font la différence. Rester attentif à chaque détail, c’est la garantie d’une construction maison fidèle à vos ambitions, sans mauvaise surprise à l’arrivée.
Bâtir à Québec en 2025, c’est accepter l’incertitude et la transformer en levier. Ceux qui avancent avec méthode et lucidité pourront voir leur projet prendre forme sans fausse note, à la hauteur de leurs exigences.


